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Faux amis syntaxiques.

Emphase [1]

Parfois, c’est la structure même de la phrase qui peut être considérée comme un « faux ami ». Autrement dit, comme la grammaire anglaise et la grammaire française ont de nombreux points communs, on a tendance à considérer que la traduction de l’original anglais n’exige qu’un simple calque des différents éléments de la structure de la phrase.

Voici un exemple simple :

Autistic students learn by seeing and doing.

On pourrait être tenté de calquer cette structure en se contentant de respecter les particularités de la grammaire française, c’est-à-dire l’emploi de l’article défini (les), la position et l’accord de l’adjectif (autistes), la conjugaison du verbe (apprennent) et l’emploi de la préposition appropriée (en). Cela donnerait alors quelque chose comme :

Les élèves autistes apprennent en voyant et en faisant.

Il n’y a pas de faute grammaticale apparente dans cette phrase française. Mais est-ce vraiment ce qui se dit le plus naturellement en français pour exprimer ce qu’exprime la phrase anglaise ?

À mon avis, la réponse est non et c’est, comme on a déjà eu l’occasion de le voir dans d’autres articles, un problème qui concerne la position des différents éléments dans la phrase et le décalage entre l’élément central sur le plan syntaxique et l’élément central sur le plan sémantique.

La syntaxe anglaise ne s’embarrasse généralement pas de ce genre de considération. De même que, dans la prononciation de l’anglais, l’accent peut être mis sur toutes sortes d’éléments de la phrase, selon ce qu’on cherche à exprimer, on peut avoir l’élément central sur le plan sémantique dans toutes sortes de position.

Le français, en revanche, est nettement plus rigide. De même que sa prononciation exige que l’accent tombe en fin de groupe rythmique et que toutes les phrases affirmatives aient une intonation uniforme, la syntaxe française interdit un déplacement arbitraire de l’« accent » sémantique dans la phrase. Si on veut mettre l’accent sur un élément particulier de la phrase ou simplement en faire l’élément central sur le plan sémantique, il faut recourir à une explicitation de ce rôle central, c’est-à-dire à une tournure emphatique explicite avec c’est… que…

Comme l’élément central de la phrase est ici l’idée de voir et de faire, c’est sur cet élément qu’il faut mettre l’accent et cela donne quelque chose comme :

C’est en voyant et en faisant que les élèves autistes apprennent.

(On retrouve alors le modèle du fameux dicton : « C’est en forgeant qu’on devient forgeron. »)

Ce qu’on a ici, ce n’est pas un faux ami lexical ou un anglicisme évident. C’est un problème plus subtil qui exige une bien plus grande vigilance et un sens beaucoup plus fin de ce qui se dit naturellement dans la syntaxe française. Et, de mon point de vue, le fait de ne pas respecter ces exigences plus subtiles de la langue française est un problème bien plus grave pour l’avenir de cette langue en Amérique du Nord.

tous [1]

De mon point de vue, les « petits mots » grammaticaux qui sont utilisés à tout bout de champ dans la langue font souvent partie des faux amis les plus sournois et exigent une méfiance toute particulière.

Prenons l’exemple de l’adjectif anglais all et de son équivalent français tout ou tous. Il existe plusieurs structures ordinaires dans la langue anglaise utilisant all qu’il vaut mieux éviter de calquer mot pour mot en français.

Voici une question d’apparence très simple :

Are all of the programs offered now making a difference?

On pourrait être tenté de rendre cela en français de la façon suivante :

Est-ce que tous les programmes offerts à l’heure actuelle ont un véritable impact ?

Cette question française ne représente pas une faute de traduction flagrante. Mais pour moi, elle ne correspond pas à ce qui se dirait le plus naturellement en français. Il me semble qu’une structure comme la suivante est plus naturelle en français :

Est-ce que les programmes offerts à l’heure actuelle sont tous des programmes qui ont un véritable impact ?

La difficulté est bien entendu d’expliquer la différence et d’expliquer en quoi la deuxième formule est plus naturelle en français que la première. Pour moi, c’est une fois de plus une question de décalage entre la structure syntaxique et la structure sémantique de la phrase. Ce qui est sous-entendu dans cette question, c’est que les programmes ne sont pas tous des programmes ayant un véritable impact.

Or, en français, précisément, cette négation s’exprime plus naturellement en disant ne sont pas tous qu’en disant tous ne sont pas. On peut bel et bien dire « tous les programmes ne sont pas des programmes ayant un véritable impact » ou « tous les programmes n’ont pas un véritable impact », mais ce n’est pas ce qui se dit le plus naturellement. Ce qui se dit et s’écrit le plus naturellement en français, c’est pas tous, c’est-à-dire une structure avec tous qui vient après la marque de la négation.

Pour la même raison, dans la question ci-dessus, il est plus naturel de s’arranger pour que le mot tous vienne après le verbe au lieu de faire partie du groupe sujet.

C’est une situation qu’on rencontre assez fréquemment dans les traductions de l’anglais au français et il faut, selon moi, résister à la tentation de calquer la structure anglaise en maintenant tout/tous en début de phrase, dans la même position que l’anglais all.

Coordination et adjectifs [1]

On a déjà vu les problèmes liés à la coordination lorsque celle-ci est combinée à l’utilisation de prépositions.

Je m’intéresse aujourd’hui à un problème analogue, mais concernant cette fois les adjectifs. Je prends comme exemple l’extrait suivant d’une page du gouvernement du Canada :

Every child has to learn how to fit in with the group while still holding on to their own values and identity.

La page française équivalente donne la traduction suivante :

Chaque enfant doit apprendre à s’intégrer au groupe tout en conservant ses propres valeurs et son identité.

Ce n’est pas faux, mais je crois qu’il est évident que c’est inexact. Dans l’original anglais, l’adjectif own qualifie à la fois values et identity. (Je ne m’attarde pas ici sur le fait qu’il y a une certaine redondance, puisque le déterminant possessif exprime déjà cette même idée d’appartenance.)

Le problème est que cette coordination associe un terme au pluriel à un terme au singulier. Or, en anglais, l’adjectif ne s’accorde pas en nombre avec le substantif, de sorte qu’il n’y a aucune difficulté à n’utiliser qu’une fois l’adjectif en sous-entendant qu’il s’applique aux deux substantifs coordonnés.

Il n’en va pas de même en français. L’adjectif s’accorde en genre et en nombre avec le substantif. Comme l’adjectif propre, équivalent de l’anglais own, est épicène, le seul problème ici est celui de l’accord en nombre. Du moment que l’on convient que l’adjectif s’applique ici aux deux substantifs, peut-on utiliser le même raccourci qu’en anglais ?

Autrement dit, peut-on écrire la phrase suivante ?

Chaque enfant doit apprendre à s’intégrer au groupe tout en conservant ses propres valeurs et identité.

Pour moi, la réponse est clairement non. Et je crois que le traducteur de la page ci-dessus est d’accord avec moi. Sinon, il n’aurait pas hésité à calquer l’anglais au plus près. Mais cela signifie que, pour éviter cette formule tout en maintenant l’application de l’adjectif aux deux substantifs, on n’a d’autre choix en français que de répéter le déterminant et l’adjectif.

Autrement dit, la seule traduction vraiment acceptable pour moi est la suivante :

Chaque enfant doit apprendre à s’intégrer au groupe tout en conservant ses propres valeurs et sa propre identité.

C’est évidemment plus lourd que l’anglais, mais c’est la seule manière de respecter l’original anglais tout en s’exprimant dans une syntaxe naturelle en français.

Pourquoi ne peut-on pas écrire simplement « ses propres valeurs et identité » ? Parce que, en français, la règle générale est qu’on ne peut pas coordonner des éléments hétérogènes. On l’a déjà pour les constructions avec des prépositions différentes. On retrouve le même phénomène ici avec des substantifs dont le nombre est différent.

Le même problème se pose quand on coordonne deux adjectifs de nombre différent. L’un des cas les plus fréquents ici au Canada est celui de la tournure suivante :

the federal and provincial governments

Au Canada, il y a un seul gouvernement fédéral, mais plusieurs provinces et donc plusieurs gouvernements provinciaux (à moins qu’on ne parle que d’une province spécifique). Combien de fois ne trouve-t-on pas, sur les sites Web du gouvernement fédéral et dans d’autres publications au Canada, l’horrible formule :

*les gouvernements fédéral et provinciaux

La recherche de cette expression exacte avec Google sur les sites du gouvernement fédéral donne… environ 136 000 résultats !

C’est pour moi une horreur, d’autant que l’adjectif au singulier vient immédiatement après le substantif au pluriel.

Il est selon moi indispensable de faire la répétition :

le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux

Évidemment, cette règle qui veut qu’on ne coordonne pas des éléments hétérogènes est rarement exprimée clairement et haut et fort dans les grammaires et par les enseignants. Ce n’est pas à proprement parler une règle grammaticale. C’est plutôt quelque chose qu’on apprend par la pratique, à force de lire et d’écouter des textes français exprimés dans une langue naturelle. Le français aime ce qui s’accorde, au sens propre (accord en genre et en nombre) comme au sens figuré (fait d’aller ensemble, de former un ensemble homogène).

C’est aussi un des phénomènes qui expliquent pourquoi les textes français sont toujours plus longs (avec un plus grand nombre de mots) que leurs équivalents anglais. La grammaire anglaise autorise toutes sortes de raccourcis, d’ellipses que le français ne tolère pas. Malheureusement, il arrive trop souvent que les traducteurs et les locuteurs français, sous l’influence de l’anglais, essayent de coordonner des choses qui ne se coordonnent pas, ce qui produit inévitablement des tournures bancales qui ne sont pas naturelles en français.

On retrouvera encore d’autres manifestations de cette aversion pour l’hétérogénéité dans d’autres situations, que j’aborderai dans des articles ultérieurs.

Coordination et prépositions [1]

Le passage de l’anglais au français pose souvent des problèmes liés à la coordination et à l’utilisation de prépositions.

Le cas qui m’intéresse aujourd’hui est celui de la coordination de verbes qui sont tous transitifs directs en anglais, mais dont les équivalents français ne sont pas tous transitifs directs.

Voici un exemple typique :

What will change is that you’ll soon enter, access and manage all of this information on TIENET.

Les trois verbes anglais utilisés ici (to enter, to access et to manage) sont tous trois transitifs, de sorte qu’il est facile de les coordonner et d’éviter de répéter le complément d’objet direct (all this information).

Malheureusement, parmi ces trois verbes, deux ont un équivalent français qui est lui aussi transitif (to enter = saisir et to manage = gérer), mais l’équivalent français du troisième (to access) est un verbe transitif indirect : accéder à + quelque chose.

Que faire alors pour reproduire la coordination en français ? Il est impossible de calquer directement la syntaxe anglaise et d’écrire :

Ce qui va changer, c’est que vous allez bientôt *saisir, accéder à et gérer toutes ces informations sur TIENET.

La règle générale en français dans le domaine de la coordination est en effet qu’il est impossible de coordonner des éléments hétérogènes. Lorsqu’on veut coordonner plusieurs éléments dans une phrase en français, il faut que ces éléments soient homogènes et se construisent de façon identique sur le plan grammatical. Comme accéder est transitif indirect et exige la préposition à et que saisir et gérer sont transitifs directs, la coordination telle qu’elle se présente ci-dessus est impossible. (On ne peut pas séparer la préposition de ce qui la suit.)

Il existe plusieurs solutions au problème, qui sont plus ou moins élégantes et naturelles en français.

La première consiste à tricher en changeant l’ordre des éléments coordonnés de façon à ce que l’élément qui exige une préposition (accéder ici) se retrouve à la fin de la liste et que sa préposition ne soit donc plus séparée du complément :

Ce qui va changer, c’est que vous allez bientôt *saisir, gérer et accéder à toutes ces informations sur TIENET.

Pour moi, cependant, cette solution n’est pas acceptable, parce que, en français, cette structure implique que les trois verbes coordonnés se construisent tous avec la préposition à, ce qui est évidemment faux.

La deuxième solution consiste à respecter strictement la règle qui veut qu’on ne coordonne que des éléments compatibles et à répéter donc le complément deux fois :

Ce qui va changer, c’est que vous allez bientôt saisir et gérer toutes ces informations et accéder à ces informations sur TIENET.

Ce n’est pas faux, mais c’est malheureusement très lourd et maladroit et cela force aussi à changer l’ordre de la coordination, ce qui n’est pas toujours souhaitable.

La solution que je privilégierais ici est de remplacer le verbe transitif indirect accéder à par un verbe transitif à peu près synonyme. Dans ce cas particulier, je dirais quelque chose comme :

Ce qui va changer, c’est que vous allez bientôt saisir, consulter et gérer toutes ces informations sur TIENET.

Le verbe consulter est ici, pour moi, à peu près synonyme d’accéder à. Je note d’ailleurs que l’anglais à tendance à utiliser le verbe to access plus fréquemment que le français utiliser accéder. Mon impression est que accéder est plus souvent utilisé au sens propre en français (celui d’un accès physique à un lieu), alors que to access est très souvent utilisé en anglais dans un sens figuré. (Les informations ne sont pas un lieu auquel on accède physiquement.)

Comme souvent, il faut donc ici oser s’écarte quelque peu d’une traduction littérale pour produire quelque chose qui est à la fois plus naturel et moins lourd en français.

Mais il faut bien aussi reconnaître que la solution proposée ici est propre à l’exemple particulier fourni. Il n’y a pas de solution universelle qu’on puisse appliquer dans tous les cas. Il est fort possible, par exemple, de rencontrer en anglais une phrase coordonnant des éléments hétéroclites pour lesquels il est impossible de trouver une série d’éléments homogènes correspondants en français. Après tout, il existe de nombreux verbes qui sont transitifs directs dans une langue et transitifs indirects dans l’autre. Ils n’ont pas tous des synonymes qui relèvent de la même catégorie grammaticale en français.

Dans ce cas, on retombe sur la solution précédente, qui oblige à faire des répétitions et à alourdir le texte. Il convient, cependant, d’éviter cette lourdeur dans la mesure du possible.

Another… is…

Voici un exemple de phrase anglaise avec une syntaxe qui peut poser problème en français si on la reproduit trop littéralement :

Another area that needs weatherproofing is the entry door.

Comme on l’imagine facilement, le contexte est un document dans lequel on évoque différentes façons d’isoler une maison pour la protéger des intempéries.

Face à une telle phrase, on pourrait être tenté, en français, d’écrire quelque chose comme :

*Un autre endroit qu’il faut isoler est la porte d’entrée.

Pour moi, cependant, cette tournure n’est pas naturelle en français.

Pourtant, quand on a une structure comme :

There are two ways to do this. One is X. The other way to do it is Y.

il est tout à fait possible de dire en français :

Il y a deux façons de faire cela. L’une est X. L’autre façon de le faire est Y.

Autrement dit, avec l’article défini, la situation est différente. Pourquoi ?

Le problème relève d’un phénomène que nous avons déjà rencontré auparavant (par exemple dans le dernier article sur l’expression de la cause) et qui concerne le décalage entre l’élément central sur le plan grammatical ou syntaxique et l’élément central sur le plan sémantique.

La syntaxe anglaise autorise souvent de tels décalages, alors que la syntaxe française exige plus souvent que l’élément central sur le plan sémantique coïncide avec l’élément central sur le plan syntaxique.

Or, quand on regarde le premier exemple donné ci-dessus, on constate qu’il y a bien un tel décalage et que c’est précisément ce décalage qui rend le calque de la syntaxe anglaise peu naturel en français. En effet, quand l’anglais dit Another… is…, le verbe de la phrase est le verbe être (to be), mais l’affirmation centrale de la phrase ne se situe pas dans ce verbe. Elle se situe dans le déterminant another. Autrement, l’information centrale dans cette phrase est le fait même qu’il existe un autre endroit à isoler et non l’identité de cet autre endroit (ce qu’il est, c’est-à-dire la porte d’entrée).

C’est pour cela qu’on ne peut pas reproduire la syntaxe anglaise littéralement en français. Au lieu de cela, il faut rétablir sur le plan syntaxique le caractère central du fait qu’il existe un autre endroit à isoler. On dira donc quelque chose comme :

Il y a un autre endroit qu’il faut isoler : la portée d’entrée.

Ou encore :

La portée d’entrée est un autre endroit qu’il faut isoler.

À l’inverse, dans l’exemple ci-dessus de structure avec l’article défini, ce n’est pas le fait qu’il existe deux façons de faire la chose. L’existence des deux façons est établie par la première phrase. Ce que font les deux phrases suivantes, c’est définir ce que sont ces deux façons de la faire, dire ce qu’elles sont. Dans ce cas, il est donc tout à fait approprié de reproduire la syntaxe anglaise et de garder la structure L’autre… est… pour rendre l’anglais The other… is…

Ce problème du décalage entre la syntaxe/grammaire et le sens est à mon avis un aspect essentiel de l’anglais qui explique un grand nombre de problèmes de traduction et qui fait de nombreuses structures anglaises des fausses amies syntaxiques ou grammaticales en français.

Expression de la cause [1]

Dans chaque langue, il existe de multiples façons d’exprimer les liens de cause à effet. Mais il y a des structures propres à chaque langue dont il faut se méfier, parce que leur calque dans une autre langue ne correspond pas nécessairement à la façon naturelle d’exprimer la cause dans cette langue.

Prenons l’exemple de l’énoncé anglais suivant :

A new model would provide an opportunity to address inconsistencies in the existing model and changes which have occurred since the original model was developed.

Ce n’est exprimé explicitement dans aucun mot grammatical dans cette phrase, mais il y a bel et bien un lien de cause à effet. C’est à cause de (ou plutôt grâce à) l’adoption d’un nouveau modèle qu’on aurait l’occasion d’éliminer les incohérences, etc.

Mais cela va même plus loin. Non seulement la phrase ne contient pas de mot grammatical exprimant la cause, mais la véritable cause est non pas le modèle : c’est sa nouveauté, son renouvellement. C’est donc ici l’adjectif new qui exprime la cause. Il y a ainsi comme un décalage entre l’élément central sur le plan grammatical et l’élément central sur le plan sémantique, que nous avons déjà rencontré dans un article précédent.

Or il est selon moi inacceptable d’utiliser une structure semblable en français pour exprimer implicitement la cause :

*Un nouveau modèle offrirait l’occasion d’éliminer les incohérences du modèle existant et de tenir compte des changements qui se sont produits depuis l’élaboration du modèle initial

Au lieu de cela, en français, il faut, comme souvent lors du passage de l’anglais au français, expliciter l’implicite ou, plus exactement, faire coïncider l’élément central sur le plan grammatical avec l’élément central sur le plan sémantique. Il faut donc ici rendre l’adjectif new par un substantif, par exemple :

L’adoption d’un nouveau modèle offrirait l’occasion d’éliminer les incohérences du modèle existant et de tenir compte des changements qui se sont produits depuis l’élaboration du modèle initial.

Bien entendu, on pourrait aller encore plus loin et expliciter carrément le lien de cause à effet à l’aide d’un mot grammatical exprimant la cause :

On pourrait, grâce à l’adoption d’un nouveau modèle, éliminer les incohérences du modèle existant et de tenir compte des changements qui se sont produits depuis l’élaboration du modèle initial.

(Cela oblige à trouver un nouvel agent — on — pour le verbe principal, mais c’est quelque chose qui arrive très souvent lors du passage de l’anglais au français, en particulier quand il s’agit de rendre de façon naturelle une tournure anglaise au passif en français, mais aussi, comme ici, quand le sujet sémantique du verbe ne coïncide pas avec son sujet grammatical.)

Mais une telle explicitation de l’implicite ne me paraît pas indispensable. Le lien de cause à effet peut rester implicite en français aussi. Ce qui ne peut pas être maintenu en l’état (c’est-à-dire calqué de l’anglais), c’est le décalage entre l’élément central sur le plan grammatical et l’élément central sur le plan sémantique.

Je note enfin, pour terminer, qu’il y a d’autres façons encore de rétablir le caractère naturel de l’expression implicite du lien de cause à effet ici, sans nécessairement utiliser un mot grammatical exprimant de façon évidente ce lien. On peut aussi, par exemple, dire tout simplement :

Avec un nouveau modèle, on pourrait éliminer les incohérences du modèle existant et tenir compte des changements qui se sont produits depuis l’élaboration du modèle initial.

Ici, nouveau modèle se retrouve dans un complément circonstanciel exprimant (implicitement) un lien de cause à effet, simplement grâce à la préposition avec. Le français a, comme l’anglais, de multiples façons d’exprimer implicitement ou explicitement la cause, et il ne faut pas hésiter à varier les plaisirs en recourant à ces différentes tournures. Il faut simplement éviter de calquer en français des tournures anglaises qui ne sont pas naturelles dans la syntaxe française.

Position du complément circonstanciel de temps

Même quand le complément circonstanciel de temps semble être exprimé de façon identique en anglais et en français, il faut se méfier de la tendance à procéder à une traduction en français qui maintient l’ordre des éléments de la phrase en anglais. Prenons la phrase suivante :

Faced with the growing need of educators for cyberbullying materials specifically for the classroom, Parry launched the StopCyberbullying Toolkit in 2011.

Le complément circonstanciel de temps « in 2011 » se traduit de toute évidence par « en 2011 ». Mais est-il approprié de le laisser au même endroit dans la phrase en français ? À mon avis, la réponse est non :

En réponse au besoin croissant qu’ont les éducateurs de disposer de ressources sur les cyberintimidations adaptées à la salle de classe, Parry a lancé la trousse StopCyberbullying en 2011.

Bien entendu, cette phrase n’est fausse ni sur le plan sémantique ni sur le plan grammatical. Mais pour moi, cette syntaxe consistant à mettre le complément circonstanciel de temps à la toute fin est quelque chose de propre à l’anglais, qui ne correspond pas à ce qui se dit naturellement en français.

En français, on dira plutôt :

En 2011, en réponse au besoin croissant qu’ont les éducateurs de disposer de ressources sur les cyberintimidations adaptées à la salle de classe, Parry a lancé la trousse StopCyberbullying.

Le sens est le même. La différence entre l’anglais et le français se situe dans l’ordre naturel des différents éléments de la phrase. Il y a la cause (« Faced with the growing need… »), la conséquence (« Parry launched… ») et le complément circonstanciel de temps (« in 2011 »).

L’anglais utilise ici naturellement l’ordre cause – conséquence, parce que la structure « faced with… » est une structure en apposition avec un participe passé directement lié au sujet du verbe principal, de sorte qu’il serait difficile de mettre la cause après la conséquence. (On pourrait aussi insérer l’apposition directement après le sujet du verbe principal, mais cette interruption entre le sujet et le verbe est quelque chose qui se fait plus naturellement en français qu’en anglais.)

Le complément de temps, quant à lui, pourrait se mettre à différents endroits dans la syntaxe de la phase. Il pourrait venir au tout début (« In 2011, faced… ») ou entre la cause et la conséquence (« Faced with […], in 2011 Parry launched… »). Mais il tombe ici à la fin de la phrase, après la conséquence. Cela n’a rien de choquant en anglais.

En français, dans une telle situation, on a tendance à privilégier l’ordre chronologique plutôt que l’ordre logique, et donc à mettre en premier le complément de temps. La cause (« en réponse au… ») vient toujours avant la conséquence (« Parry a lancé… »), mais les deux sont précédés par le complément de temps. Pourquoi ? C’est difficile à dire… Je pense qu’il s’agit surtout de l’importance en français du mode narratif. Cette phrase s’inscrit dans une chronologie et il est tout particulièrement important, en français, de guider le lecteur en lui rappelant les principales étapes, c’est-à-dire les dates marquantes dans le récit, grâce à la mise en relief en début de phrase.

C’est une différence subtile et délicate à expliquer, mais l’impact de cette différence sur la syntaxe n’a rien de subtil et fait que la place même des différents éléments dans la phrase relève, dans certains cas, de ce qu’on peut appeler un faux ami.

Superlatif et fonction grammaticale

Il y a quelques semaines, j’ai écrit un premier article sur l’emploi du superlatif en anglais et sur le fait que, pour rendre le sens de ce superlatif de façon naturelle en français, il fallait parfois oser bouleverser la structure de la phrase et détacher le superlatif de son contexte syntaxique immédiat en anglais pour, par exemple, en faire un complément circonstanciel en tête de phrase, dans lequel il est même possible de laisser complètement tomber l’emploi du superlatif sans perdre le sens de l’original anglais.

Voici un autre exemple se rapportant à l’emploi du superlatif en anglais et exigeant là encore un bouleversement syntaxique pour exprimer le sens de la phrase de la façon la plus naturelle possible en français.

L’exemple dont je m’inspire est tiré d’un document de toute évidence rédigé en anglais et traduit par la suite en français, comme c’est très souvent le cas pour les documents qui doivent être disponibles dans les deux langues officielles au Canada. En anglais, la phrase est la suivante :

The lives of those enforcement officers “on the beat” are best protected by timely, reliable information.

(Il s’agit d’un document sur les forces de police et les informations dont elles disposent.)

Et voici ce que le traducteur a pondu en français :

Des renseignements fiables et opportuns *permettront de mieux protéger la vie des policiers sur le terrain.

Passons pour commencer rapidement sur le fait que le traducteur utilise en français un comparatif pour rendre le superlatif anglais, ce qui est déjà en soi problématique. Mais ce qui m’intéresse ici, c’est la syntaxe.

L’effort pour ne pas produire un calque syntaxique complet de l’anglais est certes louable. Ainsi, le traducteur a fait l’effort d’éliminer le passif si courant en anglais et de produire une tournure active, qui est plus normale en français.

Mais on est encore loin, malheureusement, d’une phrase naturelle en français. (Je mets en gras et marque avec un astérisque le contexte grammatical immédiat du comparatif, mais c’est en fait toute la phrase qui est problématique.)

La meilleure façon d’expliquer le problème sur le plan syntaxique est sans doute de donner ce qui, selon moi, constituerait une traduction beaucoup plus naturelle de cette phrase :

La meilleure façon de protéger la vie des policiers sur le terrain est de s’assurer qu’ils disposent de renseignements fiables en temps opportun.

Ici, non seulement j’élimine le passif, ce qui est bien entendu indispensable, mais je prends le superlatif (best en anglais, meilleure en français) et je le mets en tête de phrase, parce que c’est bel et bien sur ce superlatif que repose tout le sens de la phrase. On rejoint ici quelque chose que j’évoquais déjà dans un autre article, à savoir l’importance de l’ordre des mots dans la phrase, pour respecter non seulement la grammaire française, mais surtout l’ordre naturel dans lequel la phrase doit en quelque sorte « dérouler son sens » de façon à bien mettre en son cœur même le message essentiel qu’elle cherche à véhiculer.

Le message concerne ici la fiabilité et la disponibilité en temps opportun des renseignements dont les agents de police se servent dans leur travail sur le terrain. Et ce que la phrase cherche à dire, c’est que c’est en garantissant cette fiabilité et cette disponibilité en temps opportun qu’on offrira aux agents de police les conditions de travail les plus sûres. Autrement dit, la phrase dit deux choses : d’une part que, de toute évidence, il faut faire du mieux possible pour protéger la vie des agents de police et que, d’autre part, pour cela, la meilleure chose qu’on puisse faire est de leur fournir des renseignements fiables et disponibles en temps opportun.

Ma traduction ne va pas jusqu’à éclater l’original anglais pour en faire deux propositions séparées en français, comme je viens de le faire dans ma paraphrase. Mais elle prend le superlatif, qui a la forme d’un adverbe en anglais (best) pour en faire un syntagme nominal (la meilleure façon) qui dénote explicitement cette fonction d’adverbe (façon) et surtout qui en fait le sujet même de la phrase, de façon à ce que cette phrase devienne la réponse à une question implicite du genre : « Sachant qu’il faut protéger la vie des policiers, quelle est la meilleure façon de procéder ? »

On pourrait aussi envisager une traduction comme la suivante :

C’est en s’assurant que les policiers sur le terrain disposent de renseignements fiables en temps opportun qu’on leur offrira la meilleure protection possible.

J’aime moins cette tournure, parce qu’elle rejette à nouveau la question de la protection en fin de phrase (ce qui rend la traduction plus proche, à cet égard, de l’original anglais), mais elle me semble également acceptable, du fait de l’emploi de la mise en relief.

La traduction française que je cite en rouge ci-dessus, en revanche, me paraît inacceptable. Elle n’est bien sûr pas grammaticalement fausse, mais elle fait de la fiabilité et de la disponibilité en temps opportun des renseignements le sujet de la phrase, alors que celui-ci devrait la question de la protection des policiers (ou que cette question devrait à tout le moins se situer au cœur de la syntaxe, comme avec la tournure emphatique dans ma deuxième traduction en bleu.)

Je note aussi, au passage, la nécessité, une fois de plus, d’expliciter l’implicite en français. Quand l’anglais dit simplement by timely, reliable information, il me paraît indispensable d’introduire une structure plus complète et plus explicite en français, avec un verbe comme disposer ou offrir ou encore un substantif comme disponibilité. On ne peut pas se contenter de dire, en français « des renseignements fiables en temps opportun » pour exprimer l’idée de disposer de tels renseignements.

C’est là un autre problème majeur, selon moi, dans la traduction figurant ci-dessus en rouge.

La conclusion ici est qu’il faut non seulement oser expliciter l’implicite, mais aussi bouleverser la syntaxe de la phrase, non seulement pour éviter l’abus de tournures comme le passif, mais pour aller plus loin encore et vraiment donner à l’élément central du sens de la phrase la place centrale qu’il doit avoir dans la structure de la phrase. C’est quelque chose que l’anglais n’exige pas, entre autres en raison de différences d’intonation qui permettent de mettre l’accent un peu partout, ce qui est évidemment hors de question en français.

Superlatif et complément circonstanciel

Comme je l’explique dans mon manifeste, quand on parle de faux amis, on pense souvent et surtout aux faux amis lexicaux, qui sont relativement évidents et relativement faciles à expliquer.

Mais je tiens aussi, sur ce site, à évoquer d’autres aspects moins évidents de cette « fausse amitié » qui lie l’anglais et le français, qui n’en sont pas moins importants. Ces aspects sont plus difficiles à expliquer, mais ils méritent qu’on s’y attarde, parce qu’ils tendent à avoir un impact plus sournois et partant plus dangereux sur le français tel qu’on le parle et l’écrit dans les régions du monde comme le Canada, où bon nombre de textes de référence sont en réalité des traductions de textes anglais et non des textes qui ont été rédigés en français par des locuteurs dont le français est la langue maternelle.

Voici un exemple que je rencontre aujourd’hui dans mon travail et qui me servira à illustrer mon propos :

Teacher learning is most effective when linked to student learning that is embedded in the daily life of schools.

Le problème qui m’intéresse dans cette phrase aujourd’hui est celui de la façon dont on va rendre une structure comme « is most XXX when » en français. Je crois qu’il est intuitivement clair, même pour ceux qui ne sont pas traducteurs, qu’il est impossible de traduire cette structure littéralement. On ne dira donc pas :

L’apprentissage de l’enseignant *est le plus efficace quand il est lié à celui de l’élève et intégré dans la vie scolaire au quotidien.

Le caractère fautif d’une telle phrase n’est pas évident, mais on sent bien qu’il y a quelque chose qui cloche. Qu’est-ce qui cloche ? De mon point de vue, c’est le fait que le superlatif, en français, ne s’emploie pas exactement comme le superlatif en anglais. Si on veut utiliser un complément circonstanciel de temps pour expliciter les circonstances qui rendent le superlatif supérieur à tous les autres, il faut, à mon avis, que ce complément circonstanciel vienne avant le superlatif. Autrement dit, on pourra rendre la phrase ci-dessus acceptable en lui appliquant une structure de mise en relief :

C’est quand il est lié à celui de l’élève et intégré dans la vie scolaire au quotidien que l’apprentissage de l’enseignant est le plus efficace.

Si on tient à expliciter les conditions qui rendent le superlatif supérieur à tous les autres après le superlatif lui-même, alors on ne peut pas utiliser un complément circonstanciel et il faut, à mon avis, utiliser une structure du type suivant :

L’apprentissage de l’enseignant le plus efficace est un apprentissage qui est lié à celui de l’élève et qui est intégré dans la vie scolaire au quotidien.

Vous aurez remarqué, cependant, que je laisse cette structure en rouge. Pourquoi ? Pour moi, elle n’est pas fausse, mais ce n’est pas ce qui se dirait le plus naturellement en français pour exprimer ce que l’anglais cherche à exprimer.

Car, au fond, que cherche à dire l’anglais ? Est-ce nécessairement par un superlatif qu’il faut rendre en français ce qui l’anglais exprime à l’aide d’un superlatif ? Je ne suis pas convaincu que ce soit indispensable, même si l’exemple en bleu ci-dessus, avec la mise en relief, est pour moi correct.

Il me semble que ce que l’anglais cherche surtout ici à exprimer, c’est un lien de causalité entre deux choses, à savoir d’une part le fait que l’apprentissage de l’enseignant est lié à celui de l’élève et est intégré dans la vie scolaire au quotidien et d’autre part le fait que cet apprentissage est vraiment efficace. Autrement dit, pour rendre cette phrase en français, ce qui me vient le plus naturellement à l’esprit, c’est en fait l’emploi d’un complément circonstanciel exprimant ce lien de causalité, c’est-à-dire en l’occurrence un complément de but :

Pour être vraiment efficace, il faut que l’apprentissage de l’enseignant soit lié à celui de l’élève et soit intégré dans la vie scolaire au quotidien.

C’est ici la combinaison du complément de but (pour…) et de la structure impersonnelle exprimant la nécessité (il faut que…) qui rend le mieux, à mon avis, ce que l’anglais cherche à exprimer. Le superlatif devient ici redondant et je constate que le souci d’exprimer les choses le plus naturellement possible en français me conduit à m’écarter de la traduction littérale.

C’est une leçon importante pour les traducteurs et tous ceux qui cherchent à éviter de se laisser trop influencer par une langue autre que la leur : parfois, même si une structure (ici, le superlatif) semble être la même dans les deux langues, cela ne veut pas dire que c’est la meilleure solution pour rendre l’idée que la phrase d’origine exprimait. Il faut oser s’écarter de la traduction littérale, de l’emploi systématique des mêmes structures, de la même syntaxe, même si elle semble fonctionner de manière identique dans les deux langues.

Vous me direz qu’on est loin ici de la notion de « faux ami ». Mais est-ce vraiment le cas ? Je ne suis pas convaincu. Pour moi, le faux ami ici n’est pas un mot du lexique, mais le superlatif lui-même. Pour rendre ce que le superlatif servait à exprimer en anglais, j’ai fini par utiliser une structure qui, grammaticalement parlant, n’a rien à voir avec le superlatif en français, même si bien entendu elle s’en rapproche sur le plan du sens (ce qui fait justement que je peux l’utiliser à cette fin !).

C’est de cela que je veux parler quand je parle de faux amis syntaxiques. Ce n’est pas parce deux langues ont toutes deux un outil qui s’appelle le superlatif que ce qu’on exprime à l’aide d’un superlatif dans l’une s’exprimera nécessairement et de façon naturelle à l’aide d’un superlatif dans l’autre. Et ce n’est pas parce qu’une langue exprime une circonstance à l’aide d’un complément circonstanciel de temps que l’autre n’exprimera pas plus naturellement cette même circonstance à l’aide d’un lien de causalité.

Apposition [1]

Il est fréquent, en anglais, lorsqu’on mentionne un objet ou une personne faisant partie d’une hiérarchie ou d’une structure, d’aller du général au particulier, en mettant les éléments successifs en apposition.

Par exemple, on rencontrera une tournure comme :

Mrs. X, Department of Education, Evaluation Committee, says that…

Dans cette tournure, on indique que Mrs. X fait partie du comité d’évaluation, lequel fait à son tour partie du ministère de l’Éducation.

Un tel ordre des choses n’est pas naturel en français :

Mme X, *Ministère de l’Éducation, Comité d’évaluation, dit que…

On privilégie en français l’ordre allant du particulier au général, c’est-à-dire :

Mme X, Comité d’évaluation, Ministère de l’Éducation, dit que…

Mais en réalité, même cette façon de présenter les choses n’est pas idéale, d’une part parce que l’usage de l’apposition n’est de loin pas aussi répandu en français qu’il l’est en anglais (en particulier dans le corps d’un texte) et d’autre part parce qu’une telle présentation soulève des questions propres au français relatives à l’emploi de la majuscule. (L’anglais étant atteint de majusculite aiguë, il ne souffre pas de ce genre de problème.)

On préférera donc écrire les choses de façon plus claire et moins abrupte, en évitant le caractère brutal et froid de l’apposition et en explicitant les liens d’appartenance avec la préposition de :

Mme X, du comité d’évaluation du ministère de l’Éducation, dit que…

On notera que cette explicitation des liens sous une forme syntaxique explicite oblige à respecter les usages concernant l’emploi de la majuscule dans le corps du texte. (Pour les ministères, au Canada du moins, l’usage est de mettre la minuscule à ministère et la majuscule au substantif définissant le portefeuille. Pour le comité d’évaluation, j’ai supposé qu’il s’agissait d’un comité interne dont le nom n’était pas officiel et ne prenait pas de majuscule. L’usage pourra bien entendu varier selon le contexte.)

Les mêmes remarques sur l’apposition s’appliquent à toutes sortes de contextes et pas seulement celui des positions des personnes dans des hiérarchies. Par exemple, dans le domaine informatique, on rencontrera en anglais une tournure comme :

This site uses DSpace, Version 1.2.3.

Là encore, l’anglais va du général au particulier et utilise l’apposition. En français, on pourrait être tenté d’écrire quelque chose comme :

Ce site utilise *DSpace, version 1.2.3.

Mais une telle présentation n’est pas naturelle en français, où l’on préférera l’ordre inverse et l’explicitation des liens :

Ce site utilise la version 1.2.3 de DSpace.

Il convient donc de se méfier des appositions en français et d’éviter d’en user à tour de bras, comme l’anglais le fait semble-t-il si naturellement, et aussi de respecter l’ordre hiérarchique plus naturel en français allant du particulier au général.